Le B7 a résolu un bon nombre de problème de transport entre les villages québécois. Photo : Luc Robert

Histoire : Un voyage dans le temps où les premières motoneiges ont été assemblées

Par Luc Robert

Alors que la neige manquait dans les sentiers de l’Estrie, rien de mieux qu’effectuer une visite à Valcourt en pleine tempête du jeudi 13 février dernier pour se remémorer que l’Auto-neige de Joseph-Armand Bombardier a été d’une utilité sans précédant pour se déplacer entre les villages du Québec.

La quarantaine de kilomètres qui séparent Sherbrooke du petit village industriel aura coûté la vie au fils de J.-A., Yvon, alors qu’il n’a pu bénéficier des soins requis pour lui sauver la vie. Le paternel redoublera alors d’efforts pour inventer un véhicule qui permettrait de transporter entre les communautés du personnel essentiel, tel que des médecins.

Après des recherches et l’amélioration d’un véhicule conçu par J.-A. Landry du bas du fleuve Saint-Laurent, J.-A. Bombardier créa en 1940 un véhicule à essence de 7 passagers, le B7, toujours en montre dans son garage original de Valcourt. Le B7 était doté d’une technologie à engrenage recouvert de caoutchouc et entraînant les roues arrière de l’engin (système barbotin-chenille et ski avant). Il gagna rapidement en popularité, au point où des B12 ont été créés. Les municipalités rurales du Québec en ont alors commandé une pléthore… jusqu’à ce que le gouvernement provincial décide de déneiger toutes les rues, en 1948. Parmi les autres marchés où il a vendu son auto-neige et ses adaptations, soulignons les champs pétroliers de l’Alberta.

« Le jeune Joseph-Armand avait une ingéniosité sans limite. Dès l’adolescence, il aimait démonter les moteurs d’automobiles de son père. À l’âge de 15 ans, il a édifié un tracteur et a même créé plus tard un genre d’aéroglisseur sur neige, baptisée la Machine infernale. De la boîte à beurre à la motoneige moderne, en passant par le K60, un petit véhicule utilitaire révolutionnaire, il a aidé grandement à unir les communautés», a souligné Mme Lise Robert, guide au Musée de l’ingéniosité J.-A. Bombardier.

Bombardier a ensuite repensé et raffiné les machines à confection de chenilles, en créant le Vulcanisateur en 1952. Il consistait à superposer des bandes de caoutchouc, des bandes de tissus et des barres de métal, pour ensuite les cuire sous pression dans l’appareil géant.

Évolution constante

Le Ski-Dog est ensuite devenu le Ski-Doo, un véhicule pour deux personnes, qui avait une grande efficacité pour déplacer des charges entre des chantiers l’hiver. En 1969, soit 5 ans après son décès, les successeurs de J.-A. et ses employés ont inventé la première transmission à marche arrière sur une motoneige, réglant encore des problèmes en espaces forestiers réduits.

Les aventures de Bombardier se sont poursuivies avec les renommés moteurs Rotax en Autriche, qui équipent encore les moteurs de motomarines BRP de nos jours. Tout cela sans parler des percées de l’entreprise dans le milieu des métros (NY), des avions (Canadairs, jet régionaux et autres), des moto à trois roues (Spyder), des trains et j’en passe. Ils ont toutefois cédé Bombardier aéronautique, pour mieux se concentrer sur les produits récréatifs (BRP).

Exposition interactive

Les visiteurs sont conviés, au musée de Valcourt, à diverses salles d’expositions, à des présentations vidéos sur des murs entiers, ainsi qu’à un simulateur de vols. Les enfants peuvent même concevoir leurs propres plans à l’écran, qui seront ensuite acheminés par courriel à chacun des ingénieurs en herbe à la maison. Le Musée de l’ingéniosité accueille des groupes d’étudiants et des touristes, principalement du jeudi au dimanche l’hiver. Il s’agit d’un voyage dans le temps, qui présente très bien les motoneiges qui sont toujours utilisées dans la province, dont les sentiers des Laurentides, mais de manière plus récréative en 2025.

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