Démystifier la récession
Par Aurélie Moulun
La récession est une notion qui semble si abstraite et qui est pourtant sur toutes les lèvres depuis quelque temps. Ici, nous allons la décortiquer.
C’est quoi ?
De façon simple, quand on parle de récession, on parle d’un ralentissement ou d’une baisse de l’activité économique. Bien que plusieurs autres paramètres doivent être considérés, une récession se caractérise notamment par le recul du produit intérieur brut (PIB) pendant deux trimestres consécutifs.
Quels sont les facteurs d’une récession ?
- Baisse de la production
- Diminution des emplois disponibles
- Augmentation du taux de chômage
- Baisse de la consommation
Ces facteurs sont interreliés. C’est-à-dire que, lors d’une récession, on observe généralement une baisse de la production et une augmentation du taux de chômage. Ce dernier est d’ailleurs synonyme d’une perte de revenus. Cette perte engendre ensuite une diminution du pouvoir d’achat des consommateurs, qui finissent par consommer moins. Et cette diminution de la consommation affecte l’activité des entreprises qui perdent à leur tour des revenus. Bref, un cercle vicieux, vous voyez ?
Sommes-nous dans une récession ?
Aucun expert n’a déclaré que nous étions en période de récession. Toutefois, depuis quelques semaines, plusieurs économistes commencent à entrevoir une légère récession en 2023.
« Est-ce que nous sommes dans une récession présentement ? Non. Est-ce qu’il y a une possibilité grandissante de récession ? Absolument. Mais encore faut-il que ça se confirme par des licenciements importants sur le marché de l’emploi, et nous n’en sommes pas là », expliquait Stéfane Marion, économiste en chef de la Banque Nationale au Devoir.
Comment s’y préparer ?
L’entreprise Raymond Chabot donne quelques conseils pour se préparer en temps de récession sur son site internet. Notamment, elle suggère de réviser son budget afin de réduire au maximum les dépenses.
Aussi, elle propose de repousser à plus tard certaines dépenses moins essentielles, comme des sorties. Pourquoi pas ? Sans vous empêcher de sortir, peut-être simplement miser sur des activités gratuites telles que des promenades dans les parcs.
Puis, il est toujours utile de se constituer un fonds d’urgence. Même si le montant est minime, il est pratique de former ce type de fonds qui vous sera pratique en cas d’imprévus.
Un peu d’histoire…
Le Canada a connu 5 récessions depuis 1970 et 12 depuis 1929. En voici 3.
2008-2009 : « L’économie canadienne est entrée en récession en raison des problèmes du marché immobilier aux États-Unis. » Alors que les ventes de propriétés augmentaient, les taux d’intérêts se sont mis à grimper en flèche. Cela a causé la faillite de plusieurs institutions financières d’envergure. Cette situation a ensuite causé de la méfiance jusque sur les marchés canadiens. S’en est suivi un ralentissement des dépenses des consommateurs, de même que des investissements des entreprises. Ce ralentissement de l’économie au Canada a ensuite conduit à une baisse de 3,3 % du PIB en 9 mois.
1990 : Avec le krach d’octobre en 1987, la crise des Savings and loan et la réunification allemande, plusieurs grandes banques centrales ont resserré leur politique monétaire avec une hausse des taux d’intérêt pour contrer l’inflation. De ce contexte est apparue la récession du début des années 1990 qui a touché une grande partie de la planète. C’est au mois d’avril que le Canada est entré dans une récession qui durera deux ans.
1980 : Au début des années 1980, le taux de chômage au Canada atteignait presque les 20 %. Dans les Basses-Laurentides, en 1982, le taux de chômage frôlait d’ailleurs les 40 %. « Les investissements augmentent, mais les importations et exportations sont en forte baisse », d’après Radio-Canada.
Sources : Le Devoir, La Presse, Allô Prof, Raymond Chabot, Encyclopédie canadienne, Wikipédia, Radio-Canada