Une société qui va vite jusque dans la mort

Par Lpbw

SAINT-JÉRÔME. S’il est un avenir que souhaite pour les salons funéraires Catherine Trudel, copropriétaire de la Maison Funéraire Trudel de Saint-Jérôme, c’est que les gens prennent conscience de l’importance du rituel – il n’est pas nécessairement religieux – pour faire leur deuil, que c’est une étape obligatoire dans la vie. « Un deuil fait mal oui, mais on n’a pas le choix de passer par là et il serait important qu’il y ait un retour du balancier, sans que l’on revienne dans les années 30 ou 40. C’est le plus important pour moi », nous dit-elle. Pour Catherine Trudel, l’industrie de la mort au Québec connait deux grandes transformations. La première est que les gens choisissent de plus en plus la crémation, 80 % de la clientèle selon elle, l’autre que de plus en plus de cérémonies se passent au salon même. «Le rituel funéraire se passe dans la même journée, qu’il soit à caractère religieux ou non. Les gens vont de moins en moins à l’église, » nous dit-elle.

La mort dérange

« Les gens choisissent un peu la crémation dans le but de faire une économie de deuil, parce que ça va plus vite, c’est plus rapide. Les gens ne prennent pas le temps de s’arrêter et il n’y aura pas de rituel dans ce sens-là. Les gens pensent qu’ils vont avoir moins de peine. Mais si le deuil n’est pas fait là, ça peut avoir des répercussions plus tard dans leur vie. Le rituel est nécessaire au deuil. Mais ça ne veut pas dire que la crémation est toujours une absence de rituel funéraire», nuance-telle.

Selon Catherine Trudel, la mort dérange «  dans le quotidien dans nos vies, dans notre travail, les gens ne veulent pas s’arrêter pour ne pas avoir de peine, c’est ce qu’on constate. Les gens pensent faire l’économie de leur deuil en escamotant le rituel funéraire, nous dit-elle. C’est pour cela qu’on emploie le terme de fast-food funéraire

La copropriétaire explique que les conseillers du salon funéraire sont formés pour aider les familles à prendre des décisions «mais on n’est pas là pour les faire changer d’idées ou leur faire acheter des services qu’ils ne veulent pas. L’importance du rituel peut être souligné de façon non invasive.».

La Maison Funéraire Trudel est une affaire familiale. Depuis 1880, cinq générations se sont succédées, maintenant les valeurs fondamentales de la maison funéraire. Catherine Trudel reconnaît que dans l’industrie funéraire au Québec la relève n’est pas toujours là. «On a moins d’enfants, alors il se peut que la relève ne soit pas là. Les maisons funéraires sont alors achetées par des entreprises américaines ou canadiennes, mais aussi québécoises, » dit-elle.

Le Journal Le Nord a tenté de joindre à plusieurs reprises le salon funéraire Desrosiers & Fils sans succès.

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