CHSLD Louise Faubert à Saint-Jérôme : Une préposée dénonce un roulement des résidents

Par Daniel Calvé

Une préposée aux bénéficiaires travaillant au CHSLD Louise Faubert à Saint-Jérôme dénonce, sous l’anonymat, un manque d’information et un roulement de résidents qui inquiètent de plus en plus le personnel.

« On est rendu avec 9 isolations au premier [étage], 3 isolations au 2e et 5 isolations au 3e je crois [au moment où on se parle, soit le 2 avril]. Il y a un mois, on n’en avait pas du tout. Mais je ne peux pas vous dire que c’est la Covid-19 qu’ils ont, ils ne nous tiennent pas au courant. Je sais que certains ont été testés et attendent les résultats, certains arrivent de l’extérieur, certains reviennent de l’hôpital. Mais on ne sait pas si quelqu’un a été testé positif. […] Moi, c’est par hasard que j’ai entendu les infirmières jaser. Une avait besoin de détails sur des informations d’un résident pour de la médication, et c’est à ce moment-là qu’elle a su qu’il était en attente pour un résultat du test pour la Covid-19. On n’était même pas au courant. »

Elle poursuit : « La semaine dernière [semaine du 23 mars], on a reçu une nouvelle résidente. Cette fin de semaine [28 et 29 mars], on en a reçu une autre, puis une nouvelle hier [1er avril]. Le gouvernement dit de ne pas entrer, de ne pas sortir, de ne pas avoir de visites, mais nous, on reçoit des résidents à l’appel. Je ne comprends pas pourquoi ils prennent encore des résidents qui viennent de l’extérieur, qui viennent d’autres centres ou qui viennent directement de l’hôpital. »

Est-ce que cela vous inquiète pour votre santé? « Oui. C’est inquiétant pour la santé de toute le monde. Certains avec qui je travaille ont des enfants à la maison. C’est aussi inquiétant pour la santé des autres résidents. »

Pour l’instant, la préposée affirme que le CHSLD ne manque pas de matériel médical et que les mesures d’hygiène sont bien mises en place. « On a l’équipement pour se protéger. N’empêche que nous, les préposées, on ne peut pas garder une distance de deux mètres. C’est toi qui les laves, c’est toi qui les changes, c’est toi qui les tournes. » La dame affirme qu’il manque aussi de personnel. Elle travaille pour sa part entre 40 et 48 heures par semaine présentement. « Si je voulais, je pourrais faire 100 heures par semaine. Il manque des filles. »

« Il faudrait qu’ils arrêtent de faire entrer de nouveaux résidents et qu’ils nous tiennent au courant de ce qui se passe. Il faudrait que ça s’arrête parce que ça devient inquiétant pour tout le monde », conclut-elle.